L’évaluation d’un TSA et l’accès aux services

shutterstock_74747575À la Clinique Autisme et Famille, le rôle de la neuropsychologue consiste à orienter son évaluation vers la reconnaissance des signes d’un TSA en se basant sur son expertise pour les troubles neurodéveloppementaux et son jugement clinique. Son évaluation, basée sur des mesures standardisées (comme l’ADOS-2 et l’ADI-R), prend en considération l’histoire de développement de l’enfant, l’évolution de ses difficultés, les observations de son comportement, ses habiletés et son fonctionnement dans ses différents milieux de vie. Les conclusions de cette évaluation peuvent contribuer à apporter des éclaircissements sur les problèmes de comportement du jeune, ses difficultés sur le plan scolaire ou encore, permettre de différencier un trouble de la communication, un retard global de développement ou une déficience intellectuelle d’un TSA.

Avant de conclure à la présence d’un TSA, certaines évaluations complémentaires peuvent être recommandées, comme :

  • une évaluation auditive ou un examen visuel;
  • une évaluation en orthophonie afin d’avoir un bilan des habiletés de communication de l’enfant, de documenter les signes associés à un TSA et de faire un diagnostic différentiel avec un trouble de langage;
  • une évaluation en ergothérapie afin de documenter certaines particularités au plan sensoriel qui sont souvent associées à un TSA et, au besoin, obtenir des précisions sur la motricité fine ou globale;
  • tout enfant chez qui l’on suspecte un TSA doit nécessairement être évalué par un médecin avant qu’un diagnostic soit posé, et ce, dans le but de déterminer si des conditions médicales pourraient expliquer les signes atypiques observés.

Toutes ces évaluations ne sont pas toujours nécessaires. Elles doivent être adaptées en fonction du portrait clinique et des besoins de l’enfant ainsi que des évaluations antérieures qui peuvent déjà contribuer à documenter sa problématique. On accorde également une grande importance au point de vue des parents.

Dans sa démarche clinique et réflexive, la neuropsychologue s’appuie sur les résultats des différentes évaluations et sur l’opinion clinique des professionnels impliqués avant d’en arriver à des conclusions cliniques provisoires confirmant la présence d’un TSA. Par la suite, les actions suivantes sont à considérer avec les parents:

  • offrir à la famille le soutien nécessaire, reconnaître les compétences des parents et valoriser leur rôle auprès de leur enfant;
  • diriger l’enfant ou le jeune vers des services de soutien, de stimulation précoce ou d’intervention qui soient compatibles avec le niveau de certitude des conclusions cliniques provisoires, par exemple :
    • compléter une demande d’accompagnement pour l’enfant afin qu’il bénéficie du soutien d’une éducatrice spécialisée dans son CPE;
    • faire un suivi avec le psychologue scolaire qui pourra faire une déclaration au Ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport (MELS) afin de favoriser la  mise en place de services adaptés au jeune dans son milieu scolaire si nécessaire;
    • permettre à l’enfant d’avoir accès aux services spécialisés d’un CRDITED;
  • suite aux conclusions cliniques provisoires de TSA, les parents seront accompagnés afin de consulter un pédopsychiatre, ou parfois un pédiatre, qui pourra confirmer ou non le diagnostic.

Lorsque la démarche de la neuropsychologue mène à des conclusions cliniques qui ne permettent pas de confirmer la présence d’un TSA, plusieurs interprétations sont possibles :

  • l’évaluation aura sans doute permis d’identifier ou d’éliminer tout problème psychologique ou développemental pouvant produire des tableaux voisins des TSA (diagnostic différentiel);
  • en bas âge, il peut être difficile de conclure avec certitude à un TSA en présence d’enfants qui présentent une forme plus discrète de ce trouble. Dans ces cas, les parents peuvent bénéficier de soutien afin de mettre en place des interventions précoces pour stimuler le développement de l’enfant dans les sphères où il présente des retards. L’évaluation peut être reprise ultérieurement en fonction de l’évolution de l’enfant et de ses difficultés persistantes. De plus, chez certains jeunes, les symptômes TSA se manifestent plus tard, étant donné leur nature même, par exemple, ceux reliés au caractère restreint, répétitif et stéréotypé des comportements, des champs d’intérêt et des activités, ou encore ceux requérant un niveau élevé d’habiletés sociales;
  • il se peut que l’hypothèse d’un TSA ne soit pas complètement éliminée, surtout si le jeune présente un profil clinique très complexe. Dans ce cas, les parents pourront bénéficier de soutien et d’accompagnement dans leurs démarches pour consulter les ressources appropriées, comme la pédopsychiatrie. Le bilan de nos évaluations pourra être transmis aux personnes concernées. Durant la période d’attente, un suivi thérapeutique et un plan d’intervention pourront être proposés afin de répondre aux besoins du jeune et de sa famille.

Pour en savoir plus, consultez :
Les troubles du spectre de l’autisme L’évaluation clinique
Lignes directrices du Collège des médecins du Québec et de l’Ordre des psychologues du Québec, janvier 2012

https://www.ordrepsy.qc.ca/fr/

 

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